Débuter l'Alpinisme
- Noé Meyerfeld
- 4 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Vous rêvez de gravir des sommets majestueux, mais vous ne savez pas par où commencer ? Débuter l'Alpinisme peut sembler intimidant, mais avec les bonnes étapes, c’est un rêve accessible.

Plusieurs problématiques s’imposent à vous :
Trouver un mentor plus expérimenté qui accepte de vous transmettre ses compétences avec patience et pédagogique
Disposer du matériel adapté et savoir l’utiliser
Évaluer les risques lors de la préparation de course et sur le terrain et prendre les bonnes décisions
Connaître votre niveau et compétences réelles
Heureusement, il existe des solutions pour apprendre cette activité dans de bonnes conditions.
Avec de la patience, de l’humilité et un accompagnement dans la durée, il est tout à fait possible de débuter l’alpinisme sereinement.
Débuter l'Alpinisme sans être montagnard ?
Il faut bien commencer quelque part !
Même si l’alpinisme peut sembler un peu inaccessible de premier abord, il est tout à fait possible de s’initier sans se mettre en danger. Il suffit de procéder par étape.
Nous vous conseillons simplement de commencer par faire de l’escalade en voie, pour vous familiariser avec le vide, le matériel d’escalade (proche de celui utilisé en alpinisme) et les compétences de base de l’assurage.
Commencez par la salle d’escalade avant de vous aventurer sur des falaises en extérieur, d’abord en couenne (une longueur), puis en grandes voies équipées de quelques longueurs.
Il faut aussi vous assurer que vous avez la forme physique nécessaire pour évoluer en montagne et encaisser le dénivelé positif. De la randonnée en altitude ou de la via ferrata sont de bonnes solutions pour acquérir un « pied montagnard » et vérifier que vous n’avez pas peur du vide. Si c’est le cas, sachez que cela n’est pas irréversible : le vertige peut se dompter par la force de la volonté et de la patience.
Quelle pratique de l’alpinisme pour débuter ?
L’alpinisme est une discipline aux multiples facettes, où chaque terrain, chaque saison, et chaque pratique offre une expérience unique. Si certaines voies mythiques et exigeantes resteront réservées aux alpinistes chevronnés, de nombreuses approches sont accessibles aux débutants souhaitant découvrir cet univers. Parmi les options les plus adaptées, l'alpinisme estival se distingue par ses conditions climatiques clémentes et sa diversité :
Alpinisme de neige ❄️ : Idéal pour apprendre à évoluer sur glacier, grimper des pentes de neige ou explorer des arêtes majestueuses, comme les Dômes de Miage dans le massif du Mont Blanc ou le Castor dans le Mont Rose. 🏔️
Alpinisme de rocher 🧗♀️ : Une initiation sur des arêtes ou des faces peu équipées, telles que le Mont Aiguille ou la traversée des Trois Pics de Belledonne. ⛰️
Mixte 🧗♂️ : Une combinaison de neige, glace, et rocher, accessible sur des courses modérées comme le Pic de la Grave ou, pour les plus avancés, la Goulotte Chéré au Triangle du Tacul. 💪
En revanche, l'alpinisme hivernal demande davantage d’expérience et de matériel, en raison des conditions plus rudes :
Mixte ou goulotte ❄️ : Escalader dans la neige, la glace et le rocher dans des contextes exigeants, comme la Goulotte du Chien à Chamrousse.
Cascade de glace 🧊 : Une discipline spécifique et spectaculaire, parfaite pour débuter dans des sites école équipés.
Ainsi, bien que l’alpinisme propose des pratiques accessibles, il reste essentiel de comprendre la complexité du milieu et de s’adapter à son caractère évolutif, une démarche qui commence par apprendre à prendre des décisions éclairées face aux spécificités de la montagne.
Comprendre l’environnement montagnard et connaître ses limites
On peut avoir les bases techniques sans être capable de réagir par soi-même à un imprévu ou à un changement de conditions. En alpinisme, l’autonomie va bien au delà des manip’ de corde et des techniques de cramponnage, elle concerne avant tout la compréhension du milieu montagnard et la prise de décision éclairée.
L’un des points les plus importants est la préparation de sa sortie (on dit « une course » dans le jargon de l’alpinisme).
Il existe de nombreux types de risques à analyser avant de partir en montagne, parmi lesquels :
La météo : savoir lire une prévision météo et anticiper ses évolutions est crucial pour préparer une course. Une mauvaise visibilité ou un vent fort peuvent compromettre fortement une sortie pourtant très accessible. L’importance du vent en haute montagne qui vous refroidit vite et rend la communication difficile est souvent négligé par les débutants.
L’itinéraire : les « topos » permettent de connaître le détail d’une voie : les passages clés, les niveaux de difficulté, le temps à prévoir pour la réaliser.. Il faut savoir les lire et prévoir des itinéraires de repli en cas de souci. L’anticipation est la clé.
Les “conditions” de la voie envisagée : risques avalanches, état du glacier, qualité de la neige, regel…
Enfin, le risque le plus important en montagne est souvent lié au comportement humain. Voici les principaux points à surveiller :
Surestimation de ses capacités : connaître ses limites physiques et techniques est essentiel.
Gestion du groupe : une communication claire et un bon leadership évitent les malentendus dangereux.
Fatigue et stress : ils altèrent la lucidité et augmentent les risques d’erreurs.
Pression sociale : vouloir impressionner ou éviter de décevoir peut mener à des décisions risquées.
Prise de décision sous pression : savoir rester calme et lucide face aux imprévus est crucial.
En alpinisme, une bonne préparation technique et matérielle ne suffit pas. Comprendre et gérer le facteur humain, tant pour soi que pour son groupe, est la clé pour réduire les risques et profiter pleinement de la montagne. Apprendre à mieux se connaître, à reconnaître ses limites, et à communiquer efficacement avec ses partenaires est un apprentissage aussi important que les techniques de cramponnage ou d’assurage.
Débuter l’alpinisme seul ?
Il est fortement déconseillé d’apprendre l’alpinisme par soi-même. Etudier les techniques dans les manuels accélèrera votre apprentissage mais ne vous mènera pas vers l’autonomie. L’alpinisme est avant tout une affaire d’adaptation et de prise de décision éclairée. Seul un regard bienveillant et critique de la part d’un mentor vous permettra d’acquérir ces compétences. Pour cela, l’idéal est de se rapprocher d’un guide de haute montagne pour découvrir et d’avoir ensuite dans ses connaissances un alpiniste expérimenté, qui pourra prendre la tête de la cordée lors de vos premières sorties.
Mais que faire quand personne autour de vous ne pratique l’alpinisme ?
Le Fédération Française des Club Alpins et de Montagne (FFCAM) est constituée de nombreux clubs présents sur l’ensemble du territoire, même loin des montagnes. Adhérer à un de ces clubs vous permettra de pratiquer avec d’autres personnes de votre zone géographique. Cela vous donnera aussi la possibilité de suivre des formations dispensées par des membres avec le statut d’encadrant : ils ont passé un diplôme permettant d’enseigner les bases de l’escalade et de l’alpinisme bénévolement.
La FFME (Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade) peut vous permettre également de découvrir la montagne à travers l’escalade, le canyoning ou le ski de randonnée.
Les bureaux des guides ou des organismes comme l’UCPA proposent des initiations ou des stages découvertes qui peuvent être une bonne porte d’entrée dans le monde de l’alpinisme. Ils pourront vous aider à confirmer votre appétence pour cette discipline exigeante mais ils ne suffiront pas pour aller vers une véritable autonomie.
Si vous cherchez un apprentissage personnalisé sur la durée, l’École de la Montagne propose une formation d’un an encadrée par des guides de haute montagne. Son format hybride vous permet d’étudier à la maison les cours théoriques et les manips de base puis de pratiquer toutes les disciplines (rocher, neige, glace, mixte) sur le terrain avec le même guide et la même équipe d’élèves. Au fur et à mesure de la formation, vous remplissez avec votre guide un carnet de compétences qui vous permet de savoir précisément le chemin qu’il vous reste à parcourir pour être autonome.